En altitude et à réaction

J’ai respiré un grand coup pour me calmer avant de sortir de la voiture. Ca faisait quelques semaines que j’attendais ce moment. Ou presque une vie entière, selon la manière de voir. J’avais réservé ce baptême de l’air en avion de chasse un mois auparavant, mais je rêvais de monter à bord d’un de ces appareils depuis que j’étais enfant.
J’étais à l’aéroport de Rennes et il était aux environs de 9h30. J’ai rejoint le lieu de rendez-vous pour faire la connaissance de mon pilote, un ancien de la Patrouille de France qui m’a aussitôt mis à l’aise. Nous avons vu les autres participants arriver quelques minutes plus tard et avons pu commencer. Le pilote a commencé par un briefing nous exposant l’organisation du vol, les caractéristiques de l’appareil, la sécurité… Puis il a choisi l’ordre de passage. Premier arrivé, premier servi; Je suis parti passer mon uniforme avant de rejoindre le Fouga et son pilote. Première impression : le Fouga CM 170 n’est pas aussi impressionnant qu’un avion de combat. Et son allure annonce qu’il n’est plus tout jeune. Mais je savais qu’il ne fallait pas se fier aux apparences: le Fouga est un avion d’entraînement, qui a servi pendant vingt ans à la Patrouille de France. Et cette dernière n’a pas l’habitude de piloter des briques volantes. Il n’était peut-être pas aussi beau que les autres, mais il offrait autant de sensations, et c’était là le principal.
Une fois installé dans le cockpit, le staff m’a attaché à mon siège, de sorte que je fasse presque partie de lui. J’étais si bien attaché qu’il n’y avait pas de jeu. Et vu ce que je m’apprêtais à vivre, il valait mieux !
Une minute plus tard à peine, la verrière s’est refermée et l’avion s’est acheminé sur la piste. Ca y est, j’y étais : mon rêve se matérialisait !
Nous avons ouvert le bal par un vol de découverte plutôt tranquille. Une vue sublime s’offrait à mon regard. Le pilote a ensuite enchaîné avec un vol à basse altitude, ce qui m’a permis d’observer chaque élément du paysage et de profiter de la vitesse. Grisant. Mais ce n’était encore rien en comparaison de ce qui m’attendait. Quelques minutes plus tard, enfin, la phase ultime a commencé : le vol acrobatique.
Dès le premier tonneau, j’ai senti que tout mon corps était plaqué en arrière. Une sensation à la fois grisante et terrifiante. Une nouvelle figure a aussitôt enchaîné avec celle-ci. Je suivais les consignes du briefing et me contractais au maximum pour que mon cerveau reste irrigué en sang. Après quelques breaks et un looping, cependant, j’ai commencé à me sentir « partir » et j’ai dû demander au pilote de faire une pause. Encore une figure, et j’aurais eu droit au blackout.
Il faut savoir admettre ses limites, et j’ai trouvé les miennes pendant ce vol. Si les manèges à sensations ne m’effraient pas, les G qu’on éprouve dans un avion de chasse sont autrement plus violents. Tout mon respect aux pilotes qui supportent la violence de tels vols au quotidien ! Davantage d’information sur cette expérience de baptême en L-39 à Paris Pontoise en allant sur le site de l’organisateur.

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